Au revoir

Il tremblait sous ma main. Quel soldat courageux. Avec ce genre de poule mouillée la bataille ne sera pas très difficile à remporter… J’ai fait glisser ma main sur son cou et comme on arrache un fruit d’une branche, j’ai séparé sa tête de son corps. Haha! La surprise de son visage n’a fait que s’accentuer ! Je lui ai souri et lui ai demandé quel était son nom… juste pour voir s’il arriverait à prononcer un mot. Mais il ne semblait ne pouvoir parler que le langage des poissons, alors déçu, j’ai rapproché son front de ma bouche et j’en ai pris une bouchée. Je l’ai croqué comme un fruit… Il était bien mûr, juteux et délicieux.

Bon, ce n’est pas tout, mais j’ai une bataille à mener… Je suis monté sur une colline pour avoir une vue sur l’ensemble des opérations militaires en cours. Ho! À par la mienne, les collines avoisinantes étaient toutes occupées par des troupes ennemies faisant la même étude de terrain que moi. Bon, il faut rester discret. Je me suis caché après avoir eu le temps d’apercevoir un nuage noir au-dessus du Mordor. Qu’est-ce que c’est que ce nuage noir? Les battements de mon coeur se sont accélérés sous le poids d’un mauvais sentiment. Je ne connaissais pas ce signe. Était-ce un signe de ralliement, de défaite?

Je me suis relevé pour mieux voir, et ce que j’ai vu restera gravé à jamais dans ma mémoire. Des milliers de cadavres de mes frères Orcs jonchaient le sol. D’autres agonisaient sous leurs blessures. Ceux qui étaient encore en vie étaient en fuite sous la pluie des flèches tirées par les elfes. Pris d’horreur et de honte je me suis relevé en hurlant. C’est alors que la troupe d’elfes de la colline voisine m’a aperçu et a tiré une salve de flèches en ma direction. Elles se sont toutes brisées sur les rochers, sauf une qui s’est logée dans mon épaule. Je l’ai arrachée et j’ai rejoint la troupe des Orcs en fuite. Me voici maintenant. Dépité. Honteux, trop honteux pour revenir à la maison après cette défaite historique. Et bien je ne rentrerais pas à la maison. À la fin de ce billet ce sixième, j’irais me jeter d’une falaise. Au revoir.

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Mon ami l’humain

Je me suis égaré. Deux jours à tourner en rond. En plus j’ai perdu beaucoup de temps sur  les plaines de Dorléens. Elles étaient truffées d’ennemies qui se rendaient au gouffre de Helm. Surtout des Elfs et des humains. Quelle puanteur ces deux-là réunis! Je les ai repérés à des kilomètres. Mais quel temps j’ai perdu à les contourner. Ils étaient nombreux. Très nombreux. D’après leurs pavillons plusieurs bataillons provenaient de contrées lointaines différentes. La bataille va être intense.

J’espère que les Orcs seront  en nombre. Qu’ils seront venus spontanément, sans réfléchir, comme moi.

Mon bras va servir le Mordor quoiqu’il arrive. Quoiqu’l m’en coûte.

Hum… Ils sont vraiment nombreux. Et si en plus, ceux-ci ne représentent qu’une portion de leurs forces… Je n’ai croisé aucun Orc sur mon chemin. Seulement des nains qui venaient sûrement pour grossir leurs rangs. Ceux de la forêt des Èmnts et d’autre plus tard.

Vers le milieu de la journée, je ne pouvais ni avancer, ni reculer. Ils étaient partout autour. J’ai dû me cacher derrière quelques grosses roches pour ne pas qu’ils me découvrent. Ils auraient été bien trop contents de me découper en rondelle en petite mise en condition… Je les ai laissé passer pendant près de trois heures, sans relâche, un cortège infini d’humains, d’elfs et même quelques nains.

Mais à la fin du cortège, aubaine ! Un humain puant qui trainait la patte. Haha quel minable, celui-là. Blessé avant même de se rendre sur le champ de bataille ! Il était faible, boitait comme un vieillard, et son arme semblait être trop lourde pour lui.

«  Je vais t’aider à la transporter ton épée… »

Erreur fatale petit ! Il s’est assis sur une de mes roches pour se reposer laissant d’éloigner les derniers soldats de son armée. Je me suis levé, j’ai fait le tour des roches et je me suis assis à côté de lui.

« Bonjour »

Haha! J’ai adoré l’expression horrifiée de son visage déformé par la surprise. Quand il a voulu se relever, j’ai posé délicatement ma main lourde sur son épaule pour le calmer,  avec un petit sourire amical…

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Billet 6 – Rohirrim

Ils arrivèrent près du Gouffre de Helm au petit matin. Toute la nuit, ils avaient entendu les bruits du chant de bataille, le cri des orcs, leur piétinement. Puis, le bruit de la pierre qui éclate; une brèche dans le mur impénétrable du gouffre. Ils avaient alors augmenté la cadence. Tous les cavaliers s’étaient approchés de l’avant-garde, ce qui donnait l’impression que les Rohirrims suivaient Eomer, mais aussi Egothen et Orumer à la bataille. Ce dernier trouvait beaucoup de fierté dans ce mirage, ça lui donnait du courage. Et les dieux savaient bien qu’il en avait besoin.

Ils étaient au sommet d’une falaise qui surplombait le champ de bataille. Il faisait encore sombre en contrebas, le soleil qui se levait ne les avait pas atteint. D’où ils étaient, ils pouvaient voir que les hommes du Rohan perdaient du terrain. Des elfes étaient aussi visibles, avec leurs armures brillantes, se battant côte-à-côté avec les hommes. Orumer, qui avait toujours admiré l’agilité et la beauté des elfes, voulait les rejoindre. Eomer, ne voulant pas rester à l’écart de la bataille, conçu un plan qu’ils acceptèrent tous.

Ils attendirent donc que le soleil levant se rende jusqu’à eux, puis ils s’élancèrent dans la pente au moment où ce dernier éclaira le bas de la plaine, de sorte que les orcs, s’ils leur faisaient face, étaient éblouis par la lumière éclatante du jour. Les Rohirrims n’eurent alors aucun mal à percer leurs rangs et accorder un répit aux hommes qui se réorganisèrent et reprirent l’attaque sur les autres fronts.

Ce fut ardu, mais au bout de quelques temps, les orcs qui n’étaient pas morts ou agonisants s’enfuirent. Et les cavaliers du Rohan, séparés de leurs familles depuis si longtemps, purent enfin retrouver leurs êtres chers.

Orumer ne fit pas exception à la règle. Dès qu’il put, il quitta le champ de bataille pour trouver la grande salle où étaient entassés les femmes et les enfants. Il y trouva sa mère, et tomba, en larmes, dans ses bras. Ce n’était pas digne d’un homme, mais il pouvait bien faire exception. Pour une fois. Pour le début d’une nouvelle ère, terrifiante.

Il aurait besoin de courage.

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Billet 5 – Rohirrim

Orumer pouvait respirer à nouveau. Sur les plaines de Dorléens, ils n’avaient que trouvé des cendres et une horrible odeur de charogne brulée. Il s’était quelque peu inquiété sur le coup, mais son intuition lui donnait espoir. En effet, les orcs ne brûlaient pas leurs victimes; ils les mangeaient.

Lui et Egothen avaient pu faire signe aux autres que tout allait bien et continuer plus avant. Orumer vit alors de fines colonnes de fumée monter au nord, là où se trouvait… Le Gouffre de Helm! Il fit signe à son compagnon et ils partirent au galop. Peut-être les habitants du Rohan étaient-ils allés s’y réfugier? C’était l’endroit le plus sécuritaire du royaume, et en situation de crise, ils s’y seraient dirigés.

Par contre, Theoden devenu fou et sous l’emprise de Grima n’aurait jamais accepté de quitter son palais… Orumer fit signe à Egothen de s’arrêter. Ils devaient en parler avec Eomer avant d’agir.

Ce dernier était troublé. Pourquoi donc son oncle aurait-il changé d’idée? Aurait-il retrouvé la raison? Ou… lui était-il arrivé malheur? Tous se posaient les mêmes questions. Eomer ordonna donc aux Rohirrims de repartir, pour se rendre au Gouffre de Helm, pour le meilleur ou pour le pire.

Orumer reprit donc l’avant-garde comme éclaireur avec Egothen, mais Eomer les y rejoint. Ses capitaines connaissaient ses ordres, mais il voulait être le premier à savoir si leur monde s’effondrait ou s’ils retrouveraient leur place au sein de leur peuple. Orumer était plus confiant, avec son commandant à ses côtés. Un combattant tel qu’Eomer les protégerait de tout, il y croyait. Peut-être verrait-il sa famille là-bas, peut-être pourrait-il les serrer dans ses bras. Il l’espérait de tout son coeur. Et ce fut cet espoir qui le porta à la bataille, la vraie, la première qui portait réellement comme issue leur destin à tous.

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Billet 6 – Le commencement de la fin

 

Eowyn n’était pas certaine d’être réveillée ou non. Dans le néant de ses pensées, elle entendait que tout s’agitait autour d’elle. Des enfants pleuraient, criaient. Des femmes les consolaient. Et des pas qui martèlent la terre à l’extérieur. Des cris de champ de bataille. Non loin, se déroulait une guerre. Une guerre qu’elle aurait voulu participer. Elle entendait aussi des grognements de bêtes qui étaient sans nul doute ceux des orques du Mordor. Elle voulut se pincer dans son sommeil pour se réveiller de ce cauchemar. Elle voulait se battre même si elle n’était pas tout à fait apte, mais elle ne pouvait ni se pincer ni se réveiller. Comment se pincer quand on n’a pas de bras ? Elle paniquait et se rappela de son dernier rêve. Celui où Grima l’avait enfermé dans une cage. Eh bien, il s’était réalisé. La jeune femme n’était peut-être pas dans une cage, mais prisonnière de ses songes. Ce qui est pire que la cage. Elle ne voit que les ténèbres de son cauchemar et entend, impuissante, ce qui se passe autour d’elle. Ça ressemblait à s’y méprendre à un coma. Et si c’était ce Aragorn qui l’avait plongé dans le coma pour l’empêcher d’aller à la guerre ?

« Soyez maudit, Aragorn ! Je vous faisais confiance !, hurla Eowyn dans le vide sombre de sa prison de l’esprit. »

Puis, ce fut l’obscurité dans le noir. La jeune femme perdit sa conscience, son ouïe et presque son existence tant elle avait perdu pied avec ce qui lui restait de la réalité. Elle tomba dans le vide de ses pensées mourantes pour ,elle ne saurait dire, combien de temps.

Quand Eowyn se réveilla,plus désorientée que jamais, le noir redevint lumière. Ses yeux s’ouvrirent sur sa chambre barricadée de l’extérieur. Il n’y avait que Greta, assise à son chevet. Elle était si déboussolée qu’elle ne sut quoi dire. La fidèle servante lui sourit, compatissante et attendit qu’elle recouvrît ses esprits.

— Que fais-je ici, Greta ? Je… Je ne me souviens de rien d’autre que ces pleurs, ces pas…

— Le Seigneur Aragorn vous a endormie pour votre sécurité, ma dame. Le combat n’est pas la place des femmes. Cela fait un jour que vous dormez.

— Comment a-t-il pu faire cela ? JE SAIS ME BATTRE !

— Dame Eowyn, il vous a protégé tout simplement. Grâce à lui et grâce aux renforts de votre frère, nos fiers guerriers ont terrassé l’Ennemi.

— Mon frère ? Comment va-t-il ?

Greta sourit et Eomer fit son entrée. Ses cheveux étaient défaits et son torse solide couvert de bandages. Folle de joie, Eowyn pleura et trouva refuge dans les bras de son frère. Il y a longtemps qu’elle n’a pas ressenti un tel soulagement.

— Tu as une bien mauvaise mine, mon frère.

— Je suis content d’avoir encore une tête, Eowyn. Nous avons repoussé Sauron, mais il reviendra à la charge. Aragorn m’a dit que le Gondor sera attaqué. Ce n’est que le commencement de la fin, Eowyn.

Angoissée, Eowyn fixa Eomer en espérant.

L’espoir fait vivre, dit-elle.

Eomer lui sourit.

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Billet 5 – L’éclaircis dans l’ombre

 

Eowyn, malgré son courage, n’avait pas la confiance et la témérité de ses compagnons. Elle admirait Aragorn pour son calme et son sérieux. Elle ne comprenait pas ses deux autres compagnons, pour qui la guerre semblait plus être un terrain de jeu qu’un jeu de cartes où on joue sa vie. Depuis toujours, elle se jurait de venger sa famille en répandant le sang de l’ennemi. Maintenant que l’instant était imminent, elle sentait la peur la gruger vivante. Eowyn paniquait malgré elle. Trois soldats contre six cents orques ? Comment Aragorn, en fin stratège, avait-il pu l’ordonner ? Et comment, comme une idiote, n’avait-elle pas obéi. Ses mains devinrent moites et elle ferma les yeux. Des larmes perlèrent sous ses yeux bleus. Leur mort allait être vite et sanglante. C’est tout juste si elle ne comptait pas les dernières minutes de sa vie.

— Il n’y aura pas de gagnant pour l’instant, affirma Aragorn.

— Et pourquoi ? Pour tuer ces canailles, l’un de nous deux, doit bien tuer plus que l’autre !, s’exclama Gimli, interloqué.

La jeune fille du Rohan n’entendit pas la réponse de leur chef. Le seul bruit qui résonnait dans ses oreilles jusqu’à ses entrailles et ses pauvres nerfs, était le tapage des orques devant eux. Ils avaient arrêté leur marche militaire et piétinaient le sol comme s’il était leur ennemi lui-même. La peur au ventre, mais son orgueil plus fort que le reste, Eowyn ouvrit les yeux pour les refermer aussitôt tout comme ses deux autres compagnons. Une éblouissante lumière émanait du bâton d’Aragorn. Il prononçait des propos dans une langue inconnue au savoir de la princesse. De l’elfique ou la langue propre aux magiciens ou plutôt aux Dunedains certainement. La lumière était si vive, presque aussi bouillante que le feu, qu’Eowyn sentit une chaleur lui réchauffer les mains et le corps jusqu’alors engourdis par le froid qui régnait sur les Plaines de Dorléens.

Quand elle ne sentit plus ses paupières brûlées par la lumière extérieure, elle ouvrit les yeux. Ce qu’elle vit lui décrocha presque la mâchoire. L’artifice de Sauron avait disparu et du vaste champ de terre occupé par les orques il y a une minute à peine restait qu’un immense tas de cendre. Aragorn avait calciné leur ennemi si mortellement sensible à la lumière. L’éclaircis dans l’ombre les avait sauvés.

— Nous avons eu de la chance d’être attaqués en plein jour. Quand la véritable armée frappera aux portes du Gouffre de Helm, j’ai bien peur que je ne puisse pas faire appel à ma magie. Dépêchons-nous de rentrer au bercail !, ordonna Aragorn.

Ils lui obéirent tous. Y compris Eowyn telle une marionnette. Elle n’était pas habituée à la magie et elle ne savait pas comment réagir face à elle. Sans qu’elle ne puisse l’expliquer, la jeune femme se sentait étrangement lasse. La fatigue la gagna. Ses longues jambes étaient molles dans ses étriers ; ses pensées ne s’acheminèrent plus à son cerveau engourdi par la fatigue. Ses mains lâchèrent les guides de son cheval et ce fut le noir.

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Billet 4 – Rohirrim

Le feu de camp s’était éteint. La fumée en montait lentement vers le ciel clair. Trop clair. Aucun nuage à l’horizon. Orumer n’aimait pas cela. La plaine était terriblement calme. Aucun son autre que celui des hommes qui décampaient et des sabots de leurs chevaux qui frappaient le sol. Leurs montures étaient agitées, conscientes elles aussi de la tranquillité surnaturelle, de la stagnation de l’air. Il était pesant. Orumer le sentait dans ses poumons, tout son corps était comme écrasé par une force invisible. Ses compagnons semblaient eux aussi affectés par cet étrange malaise.
Et Orumer croyait savoir pourquoi. C’était un savoir passé de génération en génération, au Rohan. Une conscience de la nature et de la plaine. Qui leur permettait de prédire les tempêtes et les sécheresses. Et ce silence troublant était lié, selon ses connaissances, au combat. Ce n’était pas le ciel rouge des grandes batailles qui changeaient le sort du monde. C’était l’immobilité de la nature qui attend l’issue d’un affrontement. Il ne savait où exactement, mais Orumer savait que, sur la plaine, une bataille avait lieu. Et que les Rohirrims ne pouvaient se permettre de rester ignorant sur l’issue d’un tel combat.

Eomer rassemblait déjà ses capitaines pour leur donner les ordres de la journée. Ils voyageraient jusqu’à ce qu’ils trouvent le champ de bataille, qu’elle soit terminée ou pas. Et ils décideraient de la suite une fois arrivés. Cependant, tous les cavaliers devaient garder leur arme à portée de main.
Orumer était assigné comme éclaireur. Avec Egothen. Il était brave, Egothen, toujours le premier à se jeter contre les ennemis. Il était doué, aussi, avec son épée comme avec un arc. Il lui faisait confiance. Mais Orumer avait peur. Il ne pouvait pas le dire, il devait jouer son rôle et être digne de la confiance de ses frères d’armes. Mais il avait peur, au fond, de ce qu’il trouverait. Ses poumons étaient lourds. Son cœur palpitait. C’était plus vrai que jamais.

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